04-04-07
lexique musical: GHI
GAILLARDE: Danse de cour de la Renaissance, à 3 temps dans un mouvement animé, qui fournit aux danseurs l'occasion d'éblouir leurs cavalières par une démonstration de force et d'agilité. Elle succède presque toujours à la Pavane (danse lente, dont le caractère est à l'opposé). Devenue une danse stylisée au XVIIème siècle (on ne la dansait plus), elle subsiste dans les oeuvres d'orgue et les Suites instrumentales anciennes, où elle se place après la Pavane. Mais on ne la trouvera plus dans la Suite classique.
exemples de Gaillardes écoutées en classe: "Pavane et Gaillarde d'Angleterre" (anonyme)
GAMME: C'est la succession des notes d'un Mode, disposées en un mouvement ascendant ou descendant. Ce qui différencie les gammes, c'est la répartition des Intervalles entre les notes et la hauteur absolue de celles-ci. Elles peuvent être diatoniques ou chromatiques. La gamme s'étend de Tonique à Tonique (Do tonique de la gamme de Do: de do à do). Le nom des notes de la gamme a été déterminé par Guido d'Arezzo, au XIème siècle, à partir de certais mots de "l'hymne à Saint-Jean" dont voici la partition.
oui, je sais, çà fait pas pro. 'pas grave...
GAVOTTE: C'est une danse française (dansée au XVIème siècle), originaire de Gap (d'où le nom, les habitants étant appellés les "gavots"). De rythme binaire (2/2), de mouvement modéré, plutôt vif, elle comporte 2 parties avec reprises et commence sur le 2ème temps (3ème noire de la mesure). Dans la Suite instrumentale, on la trouve généralement après la Sarabande. Elle alterne souvent avec une seconde Gavotte ( jouant le rôle de Trio, comme dans le Menuet et la Bourrée). La 2nde Gavotte peut avoir un caractère de musette (composition sur une note de basse persistante).
GIGUE: Danse ancienne, considérée comme originaire de Grande-Bretagne où elle était très répandue pendant l'époque élisabéthaine, avant de pénétrer en France. Cependant Grove pense qu'elle serait plutôt italienne. En Anglais, "jig" signifie "sautiller", en italien " la giga" est une sorte de vièle à archet. Le rythme est binaire ou ternaire, mais toujours en triolets ou en valeurs pointées (3/8, 6/8, 12/8...parfois 2/2 ou 4/4) et le mouvement est très vif. Formée de 2 sections avec reprises, elle termine généralement la Suite instrumentale. Chez Bach, toutes les Suites Anglaises, les Suites Françaises et les Partitas se terminent par une gigue. On en trouve chez Haëndel aussi. La Gigue est presque toujours l'occasion d'un travail d'Imitation, voire prend une forme fuguée (chez Bach par exemple).
exemples de Gigues écoutées en classe: "Gigue" de la 1ère partita de J.S.Bach.
HABANERA: Danse Espagnole chantée, d'origine afro-cubaine, introduite d'abord à La Havane par les esclaves noirs (d'où son nom). Elle fut appelée aussi en Espagne "contradanza criolla". Son rythme caractéristique est le suivant:
le mouvement est assez lent ("d'un rythme las", écrit Ravel dans sa "Rapsodie espagnole).
30-03-07
lexique musical: DEF
DIATONIQUE: s'applique à un intervalle, une gamme ou un système musical, dont les sons constitutifs sont voisins et tous de noms différents, quelles que soient les altérations éventuelles. La Gamme diatonique (Majeure ou mineure) est constituée d'intervalles diatoniques.
Gamme de sol Majeur: Sol - la - si - do - ré - mi - fa dièse - sol.
Gamme de sol mineur: sol - la - si bémol - do - ré - mi bémol - fa dièse - dol.
Le système diatonique s'oppose au système chromatique parce qu'il n'emploie que des intervalles diatoniques (notes de noms différents). Le système Tonal est essentiellement diatonique.
DOMINANTE: nom donné au 5ème degré de la gamme diatonique, ou quinte juste de la tonique (dans la gamme de Do, c'est le sol). Sa fonction est primordiale dans l'harmonie tonale.
ENHARMONIE: Rapport entre les sons différents qui sont rendus identiques par le tempérament (sur le piano, la touche noire entre do et ré, par exemple, est appelée do dièse mais aussi ré bémol). L'équivoque résultant de l'enharmonie joue un rôle important dans l'art de la modulation.
FORLANE: C'est une danse à 6/4 ou 6/8, de tempo modéré, originaire de la région d'Udine (près de Venise). Prisée par les gondoliers vénitiens au début du XVIIème siècle, elle était donnée dans les bals publics de la ville, avant de devenir une danse noble en France. Campra l'introduisit dans l'Opéra ("Europe galante", 1697). Elle sera fréquemment employée au XVIIIème siècle. On en trouve peu dans les Suites. Cependant dans son "Tombeau de Couperin", suite pour le Piano, Ravel en a inséré une.
Forlane (6e mouvement) d'une suite de Couperin par l'ensemble "Cappriccio Stravaganza" au salon Hercules du château de Versailles en 2005 (chef: Skip Sempé)
FORME: l'expression "forme musicale" désigne indistinctement les genres musicaux (formes concrètes) et les structures (formes abstraites) des pièces musicales.
La "forme abstraite", qui concerne la structure interne d'une oeuvre, est considérée comme un schéma intellectuel. par exemple, la "forme suite", la "forme lied", la "forme variation", la "forme sonate", le Canon, la Fugue, etc.
La "forme concrète" est la configuration globale de l'oeuvre achevée, l'expression de son identité. Elle permet d'identifier une Mélodie (ou un Lied), un Choral, un Oratorio, une Cantate, une Messe, un Opéra, une Suite, une Sonate, un Symphonie, une Ouverture, un Concerto, un Rondeau, une Ballade, un Motet, un Madrigal...
Pour éviter les malentendus on appelle les "formes concrètes" des "Genresmusicaux", réservant alors le nom de "formes musicales" aux structures ("formes abstraites).
Ainsi, le genre Sonate se distingue de la Forme-Sonate (qui peut être utilisée dans une Symphonie ,par exemple)..
Dans la diversité des formes musicales, apparaît un principe majeur: le souci d'unité. C'est de lui que découlent l'usage d'un Cantus Firmus ou d'une basse obstinée, l'imitation, les fonctions tonales, le principe cyclique, l'idée du Leitmotiv, de la "série" dodécaphonique, tous les procédés qui conditionnent la forme musicale.
Différentes structures: forme suite ou binaire (A A'), forme lied (ternaire à 1 thème A A' A), à 5 sections (A A' A A" A) ou à 2 thèmes (ABA, A A' B ou AA' B A'A), sonate bi-thématique primitive (A A' B B' AB), Forme Rondo (A B A C A, couplets et refrains). Enfin la forme-sonate (exposition de 2 thèmes à caractère différent, développement, réexposition).
FUGUE: Loin d'enchaîner le compositeur dans un carcan de règles strictes, la fugue laisse au musicien une grande liberté. Cependant sa pratique est difficile, car rien n'est plus difficile que d'organiser sa liberté.
La fugue est la plus riche des formes de composition fondées sur l'IMITATION; elle en exploite systématiquement les ressources, partant d'un thème principal appelé SUJET et d'un ou plusieurs thèmes "secondaires" (non essentiels) qui sont appelés CONTRE-SUJETS parce qu'ils sont présentés en CONTREPOINT avec le sujet. La fugue est dite double ou triple lorsqu'un ou deux contre-sujets se prêtent à un développement fugué avec le sujet, les trois thèmes prenant des importances équivalentes.
Jusqu'à la fin du XVIIème siècle, tant que la forme n'en fut pas nettement définie, on qualifia indistinctement de fugue le CANON et toutes les oeuvres ressortissant à des techniques analogues. Dans son principe, la véritable fugue classique est effectivement un agrandissement et un perfectionnement du canon "à la quinte" et du vieux RICERCARE, mais elle s'en distingue par deux caractères principaux:
-sa structure tonale - dans l'exposition de fugue, l'antécédent (sujet) et le conséquent (réponse) sont exposés alternativement dans la même tonalité, malgré l'intervalle de quinte ou de quarte qui les sépare: ce résultat ne peut être obtenu qu'en renonçant à l'imitation stricte. La réponse n'est pas la transposition rigoureuse du sujet; on y introduit de petits changements appelés "mutations", qui passeront inaperçus (ils pourront être justifiés par le postulat d'équivalence des quartes et des quintes, pour une oreille non prévenue). Ainsi, lorsque, dans le sujet un mouvement mélodique conduit de la dominante à la tonique, dans la réponse un mouvement d'aspect identique conduira de la tonique à la dominante, et inversement. Par exemple si le sujet commence par sol-do, la réponse commencera par do-sol.
-Tandis que le Canon est fait d'une seule pièce, par un travail contrapuntique unique qui se recommence indéfiniment, la fugue est un édifice complexe dont le développement (inconnu dans le Canon) est la partie principale.
Lorsque l'on fait des études d'Ecriture (harmonie, contrepoint, Fugue) au Conservatoire, on est amené à écrire des Fugato (sur un Choral) et Fugues. Mais il s'agit de la Fugue "d'école", les compositeurs ont pris des libertés par rapport à ce modèle.
En voici le plan: Exposition (sujet et réponse, alternativement, jusqu'à ce que toutes les voix soient entrées: soprano, alto, ténor et basse, dans une fugue à 4 voix. Chaque nouvelle entrée à partir de la seconde est accompagnée d'un contre-sujet (en contrepoint double avec le sujet). Divertissement (ou épisode): ce sont les transitions, généralement modulantes, qui se placent entre les expositions pour distraire l'auditeur et entretenir son attention. Leur matériel thématique est emprunté au sujet ou au contresujet). Contre-exposition: réponse, puis sujet (une fois), accompagnement du contre-sujet. Divertissement. Exposition au relatif (par exemple, si on était en Ré majeur, on entre en Si mineur, lui correspondant): sujet, puis réponse. Divertissement. Promenade parmi les tons voisins, conduisant finalement à une grande Pédale de dominante. Ici il fait intercaler la "strette". Strette: sorte de Da Capo (retour "au début") précipité où l'exposition initiale est reprise, sans contre-sujet, mais en rapprochant les entrées de telle sorte que sujet et réponse empiètent naturellement l'un sur l'autre. Une série de "strettes" et d'"épisodes en strettes" peut être l'occasion d'une utile démonstration de virtuosité contrapuntique, qui fasse appel à toutes les ressources de l'imitation: augmentation, diminution, mouvement contraire, etc...dont il s'agit d'épuiser toutes les combinaisons. Conclusion sur une pédale de Tonique considérée comme le complément de la pédale de dominante précédant la strette. On entend donc une dernière fois sujet, réponse et contre-sujet.
Une fois que l'on a réussi à écrire çà, il n'y a plus grand chose qui fait peur, hein? c'est beaucoup de travail, mais c'est aussi une aventure passionnante...parce que l'on choisit, surtout dans les divertissements, ce que l'on a envie d'entendre. Le top!
Voilà, si çà vous intéresse, ce site est une mine pour écouter toutes sortes de fugues extraites de "L'art de la Fugue" de J.S.Bach...moi, j'adore, alors partaaage!!!!
L'art de la fugue (une intéressante petite vidéo pour expliquer les différents mouvements des voix dans une des fugues à 4 voix de cette oeuvre. Ecoutez et regardez!)
22-03-07
lexique musical: ABC
Voici un lexique des termes musicaux les plus souvent employés dans mes cours au collège. Vous pouvez les imprimer, les coller dans vos cahiers, n'hésitez pas!
A CAPPELLA: Cette expression italienne désigne une composition vocale (pour voix) non accompagnée par un instrument (comme dans une chapelle, ou encore "dans le style d'église"). Cependant à l'origine, si un instrument intervenait, c'était en "doublant" la voix (c'est-à-dire en jouant la même note au même moment pour la renforcer) ou en jouant "à l'octave" (huit notes plus haut ou plus bas, la même note ).
Exemples de morceaux a cappella écoutés en cours: "In memoriam" des Choristes, "Sally Brown" (chant de marin anglais), séquence grégorienne "Dies Irae"...
ACCORD: On joue un accord lorsqu'on joue 3 sons différents ou plus en même temps, sans compter l'octave supérieure ou inférieure. Par exemple si l'on part de Do, Do-Mi-Sol (ou C-E-G) constitue l'accord de Do. Il y a plusieurs sortes d'accords, et cela fait partie de ce que l'on apprend lorsqu'on étudie "l'harmonie"(au conservatoire). Dans l'harmonie classique, les accords sont construit sur des tierces superposées, la note de base, ici Do, étant nommée "fondamentale". Jouer l'accord Do-Mi-Sol c'est donc jouer la "position fondamentale" de l'accord. Si l'on "renverse" cet accord, c'est-à-dire que l'on joue l'accord Mi-Sol-Do, par exemple, c'est le "1er renversement" de l'accord, et si l'on joue Sol-Do-Mi, c'est le 2ème renversement de l'accord. Outre les accords de 3 sons, il peut y avoir des accords de 4 sons, ce sont les accords de 7ème, et alors on rajoute une tierce supplémentaire. il y a plusieurs sortes de 7èmes (7ème de dominante, 7ème majeure, 7ème mineure, 7ème diminuée, etc) avec autant de renversement possibles, puis des accords de 5 sons. Mais cela demande quelques études plus poussées que de savoir manipuler ces outils. Déjà apprendre à les reconnaître à l'oreille, ce n'est pas si mal...
ALLEMANDE: Dans une Suite instrumentale, c'est le premier mouvement (ou 1ère partie) de tempo modéré, et dont la mesure est binaire (c'est-à-dire que les temps se divisent par deux, la mesure pouvant alors être à 2 temps, 4 temps, avec la noire ou la blanche comme unité de temps). On trouve la mesure 2/2, 2/4, ou 4/4 à côté de la clé de sol. Elle est parfois précédée d'un Prélude destiné à se chauffer les doigts. Elle est d'origine allemande (comme son nom l'indique). On en trouve souvent dans les suites de Bach, Rameau, Haëndel, Purcell, ou Corelli lors de la période Baroque (XVIIème et XVIIIème siècles): elle se compose de 2 parties avec reprises, et le style d'écriture en est souvent l'imitation. De cette Allemande découlera plus tard le 1er mouvement de la sonate "classique".
Exemples d'Allemandes écoutées en classe: 2ème Suite en Si mineur de J.S.Bach.
ALTERATIONS: dans les partitions, on trouve des signes, le dièse, le bémol, le bécarre placés devant une note ou après la clé qui modifient légèrement(un demi ton) la hauteur des notes, vers l'aigu ou vers le grave.
Les signes placés après la clé constituent "l'armure de la clé". Celle-ci désigne la tonalité du morceau (c'est-à-dire, dans quelle gamme l'on va jouer). par exemple, s'il n'y a rien, on est dans le ton de Do. s'il y a un dièse, on est dans le ton de Sol, s'il y en a 2, on est dans le ton de Ré, etc...idem pour les bémols, s'il y en a un, on est dans le ton de Fa, s'il y en a 2, on est dans le ton de Si bémol, etc...
Mais il y a aussi des altérations dites "accidentelles" qui n'affectent une note que temporairement. Si l'on retrouve cette note plus loin assortie d'un bécarre, cela annule l'altération et l'on rejoue donc la note naturelle.
ANCHES: On désigne sous ce nom une lamelle de roseau (ou de métal), dont les vibrations sont le principe sonore de certains instruments à vent. Il y a plusieurs espèces d'anches:
1) l'anche libre (harmonica, accordéon, harmonium) elle n'a pas besoin de tuyau. 2) l'anche battante simple (celle de la clarinette, du saxophone, ou les "jeux d'anche" de l'orgue (en métal, ou en bois dur).3) l'anche double: (celle du hautbois, du cor anglais, du basson ou du contrebasson, mais aussi du cromorne ancien, des binious, des bombardes, de la cornemuse). L'anche, qu'elle soit simple ou double, est en contact direct avec les lèvres de l'instrumentiste.
Exemples de morceaux où l'on a entendu des instruments à anche simple ou double: "Suite de Kopanitza" (Bagad Kemper), "Concerto pour clarinette: 2ème mouvement"(Mozart), "Symphonie du nouveau monde: 2ème mouvement" (Dvorak).
BALLADE: Vient de Ballare (danser). C'est une pièce vocale ou instrumentale de caractère lyrique, dont la forme est variable. Ce n'est pas une danse, bien qu'au XIIIe siècle la "Ballata" italienne soit dansée. Elle est populaire aux XIVème et XVème siècles,puis disparaît progressivement au début du XVIème. Guillaume de Machaut composa des ballades à une voix, accompagnées d'un ou plusieurs instruments, qui se composent de 3 strophes, dont le dernier vers forme le refrain. Elle est basée sur la "Ballade" poétique, construite sur 3 strophes comprenant chacune 8, 10 ou 12 vers suivies d'un "envoi" (4, 5 ou 6 vers), le dernier vers de chaque strophe et de l'envoi étant identiques. Au XIVème siècle, l'envoi n'apparaît plus. Au XVème siècle, on trouvera des ballades de Dufay et Binchois, les poèmes sont dits et non chantés. Puis on en trouvera quelques unes dans l'anthologie Espagnole au début du XVIème siècle. A partir du XIXème siècle, la Ballade n'a plus de forme définie. Au début de l'Ere Romantique, la ballade est un poème de forme libre sur un sujet légendaire ou symbolique, ou bien un chant d'allure populaire présentant un caractère épique et dramatique. On en trouvera dans la littérature de piano ( Brahms, Schubert, Mendelssohn, Schumann). Cela consiste souvent en une mise en musique de poèmes de Goethe ou d'autres poètes allemands. Les ballades instrumentales (Chopin, Brahms, Liszt, Fauré) sont de formes diverses, avec en commun un caractère narratif et lyrique, que l'on retrouvera aussi bien dans d'autres genres.
Exemples de ballades écoutées en classe: "Sama Guent Guii" de Youssou N'Dour.
BASSE CONTINUE: elle date de la fin du XVIème siècle, période à laquelle la monodie accompagnée supplante la polyphonie. Il s'agit d'une simplification de la notation des accompagnements continus de clavier (on n'inscrit que la basse). l'interprète complète ("réalise") à sa guise l'harmonie correspondant à cette basse.Souvent une série de chiffres est placée sous la partie de basse les accords correspondants à celle-ci. A cette époque l'instrumentiste devait donc improviser les parties intermédiaires et les ornements dans le style du compositeur, et même utiliser en imitation les motifs de la mélodie. Aujourd'hui, on utilise des partitions où ces réalisations sont manuscrites.
le chiffrage: un accord parfait sans altération ne se chiffre pas. Les chiffres, s'il y en a, indiquent l'intervalle (distance entre les notes) entre la basse et une note de l'accord (3= tierce, 4= quarte, etc). Un accord de sixte se chiffre 6, un accord de septième 7, etc. Une altération dessinée à côté d'un chiffre affecte l'intervalle qui désigne le chiffre, si elle est seule, c'est la tierce qui est concernée. Un chiffre barré indique un intervalle altéré. Selon les compositeurs, la signification des chiffres peut varier, ce qui complique un peu.
Au XVIIème et lors de la première moitié du XVIIIème siècle, une basse chiffrée accompagnait les récitatifs et les airs, aussi bien que les ensembles vocaux et instrumentaux. Elle était jouée par des instruments à clavier (clavecin, orgue), la basse étant renforcée par une viole de gambe ou un violoncelle. Lorsqu'il y a présence d'une basse continue, on aperçoit le sigle b.c.
Exemples de pièces comportant une basse continue écoutées en classe: "Passacaille" (Armide, Lully). "Chaconne" (Ayrs que le Roy demandoit souvent" (Delalande).
BOLERO: C'est une danse Espagnole à 3/4, de mouvement vif. Née à la fin du XVIIIème siècle, voici son rythme:
Il évoluera progressivement en rapport avec le rythme nerveux des castagnettes des danseurs en:
Les castagnettes commencent au moins une mesure avant pour indiquer le rythme. On peut retrouver cette danse, bien qu'ayant été pratiquement abandonnée, dans certaines partitions comme le "Boléro" op. 19 de Chopin, ou le ballet de la "Preciosa" de Weber, et bien sûr le célèbrissisme "Boléro" de Ravel.
BOURREE: C'est une vieille danse populaire française. Elle est à 3 temps dans l'Auvergne ou le Limousin, à 2 temps dans le Berry et le Bourbonnais. Dans la seconde moitié du XVIème siècle, c'était cependant une danse de cour au temps de Catherine de Médicis. Vers le milieu du XVIIème siècle, la bourrée à 2 temps, est intégrée à la Suite instrumentale, sous forme stylisée (on ne la danse plus). On trouve des Bourrées dans les Suites de Bach, Purcell, Haëndel, Rameau et Lully. Elle est structurée en 2 parties, avec reprises, de mouvement rapide, alla breve (2/2) et commence sur la levée de la mesure (dernier temps). Souvent il y a 2 bourrées dans les Suites de Bach, et l'on reprend la première sans reprise pour terminer.
exemples de bourrées écoutées en classe: "Bourrées 1 & 2" de la Suite n°2 en Si mineur de Jean-Sébastien Bach.
CANON: Il repose sur la forme la plus stricte d'imitation polyphonique. on l'appelle canon dans le sens de "règle"(il suit la règle strictement).Deux voix ou plus superposent des imitations du même thème, les voix entrant successivement à intervalles rapprochés, reprenant à chaque fois le thème du début jusqu'à la cadence finale où toutes les voix se retrouvent. Le canon s'appelait autrefois Caccia, chasse, rota, ronde, ou même fuga. La forme la plus simple est celle de "Frère Jacques" où le canon est direct à l'unisson. Mais le canon peut être à l'octave, à la quarte ou à la quinte, etc... Les voix sont des transpositions (même air en partant d'une autre note) les unes des autres, ou des imitations irrégulières (canon irrégulier). Un canon direct à l'unisson ou à l'octave est toujours régulier. Un canon à la quinte, ou à tout autre intervalle, ne peut l'être que s'il y a polytonalité (plusieurs tons ). Le canon direct est le plus répandu. Mais on peut aussi faire différentes imitations d'un air: mouvement contraire (en descendant au lieu de monter), rétrograde (en partant de la dernière note), en augmentation (en rallongeant les valeurs de notes du double, par exemple les noires deviennent des blanches), en diminution (en diminuant les valeurs, par exemple les noires deviennent alors des croches). On peut même superposer deux canons différents. Il existe aussi des canons rythmiques. Un des modèles du genre est la célèbre oeuvre de Bach: "les variations Goldberg".
Exemples de canons écoutés en classe: "This little Babe" (Britten), "Miserere" (Arvo Pärt, extrait).
CANTATE: C'est une pièce chantée (comme son nom le suggère), qui la différencie de "Sonata" (pièce destinée à être "sonnée" par un instrument). Le terme est apparu en Italie au début du XVIIème siècle:il désigne une pièce vocale assez étendue, écrite pour une ou plusieurs voix, avec accompagnement de Basse Continue (et parfois quelques instruments "obligés"), les airs et les ensembles alternent avec des récitatifs. L'orchestre s'étoffera peu à peu et les choeurs font leur apparition au XVIIIème siècle.
Elle diffère de l'ORATORIO ou de l'OPERA: mais ces genres ont une origine commune, due à l'adoption vers 1600, aux côtés de la Basse Continue, d'un nouveau style monodique, appelé "stile rappresentativo". La Cantate se distingue par le fait qu'elle soit destinée à l'église, puis au concert, mais pas au théâtre), et par son caractère lyrique, opposé au caractère dramatique et narratif de l'Oratorio. Les personnages ne représentent pas une individualité agissante, ils sont anonymes.
Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, ce sont surtout les Italiens (cantate profane), et les Allemands (cantate sacrée) qui écrivent des Cantates, celles de Cesti, Carissimi, Scarlatti pour les Italiens, ou Buxtehude, Pachelbel, pour les Allemands. En France, le MOTET (Delalande, Charpentier, Couperin) et en Angleterre l'Anthem (Purcell, Haendel), sont des genres qui ressemblent de très près à des Cantates, bien que l'appellation soit différente.
Au début du XVIIIe siècle les Cantates d'inspiration Italienne fleurissent en France (Campra, Rameau, Charpentier), le Motet est plutôt réservé à des compositions plus imposantes et d'inspiration religieuse. La Cantate Italienne, est plus souvent profane que sacrée (Vivaldi, Pergolesi), par contre en Allemagne elle est essentiellement religieuse, fondée sur le Choral Luthérien. Il existe des Cantates Profanes (Bach, Telemann, Haydn: "Les Saisons", Mozart...) mais elles ne sont pas majoritaires.
Bach a composé environ 200 Cantates d'église, mais une centaine aurait été perdue...Il passa 27 ans à Saint-Thomas de Leipzig, et composa cinq cycles de Cantates pour chaque dimanche et fête de l'année. On les jouait entre la lecture de l'Evangile et le sermon,beaucoup d'entre elles étaient omposées, copiées et répétées dans la semaine, et ne furent jouées qu'une seule fois...Mendelssohn les exhuma au XIXème siècle.
Parmi les compositeurs ultérieurs de Cantates, on trouvera Schubert, Schumann, Mendelssohn, Brahms, R Strauss, Debussy, Schoënberg, Hindemith, Weber, Prokofiev, Bartok, Honegger, Milhaud, Polenc, Jolivet, et bien d'autres.
Exemples de Cantates écoutées en classe: "Cantate BWV4" de J.S.Bach.
CHACONNE: Au début c'était une danse populaire espagnole (il y a un doute à ce sujet, peut-être est-elle américaine). Son nom espagnol "chacona" pourrait être une déformation du mot basque "chacuna" (joli) ou du mot français "chanson" (devenu "chacon" par suite d'une erreur de manuscrit). Elle apparaît en Espagne à la fin du XVIème siècle sous la forme d'une Danse à 3 temps, animée, associée à la "Sarabande". Cette joyeuse danse est introduite en France au début du XVIIème siècle: elle y devient une Danse de Cour plus solennelle. Lully introduit des Chaconnes dans les Finales de ses Opéras (mais dans l'esprit vif de leur origines) et Glück en fera de même dans "Orphée".
Dans la musique instrumentale, elle apparaît d'abord en Italie (Monterverdi, Frescobaldi), puis en France, au XVIIème siècle: elle prendra la forme d'une série de Variations, sur une basse de 4 à 8 mesures ("basse obstinée" ou "ostinato"), tantôt à 2 temps, tantôt à 3. Elle ressemble de beaucoup à la "Passacaille".
Exemples de Chaconne écoutées en classe: "Chaconne" extraite des "Ayrs que le Roy demandoit souvent" (Delalande).
CHORAL: A l'origine Luther voulut que les fidèles, à l'église, puissent chanter les hymnes. Le plaint-chant étant trop difficile à chanter (en latin), il imagina de doter l'église d'un répertoire d'hymnes en Allemand. "Choralgesang" signifie chant a cappella. C'est ainsi que naquit le "choral luthérien" (dans la 2ème moitié du XVIème siècle), que nous avons conservé jusqu'à aujourd'hui. Ces chorals sont issus du plain-chant, de cantiques populaires du moyen âge, ou de chanson profanes.
Au début, les fidèles chantaient la mélodie principale (teneur) à l'unisson. Le rythme en était épuré en une succession de notes de durée égale dans un tempo lent. (ce qui a aussi été le cas pour le chant grégorien).
Dans l'oeuvre de Jean-Sébastien BACH, le Choral est l'âme des Cantates, et des Passions. Sous la forme la plus simple, il se présente comme une pure méditation. Sous sa forme figurée, à la base (Cantus Firmus) de constructions polyphoniques de grande ampleur, il représente la pérennité de l'âme. Dans certaines Cantates, Bach utilise la mélodie, mais aussi le texte du Choral, qui est le thème de l'oeuvre et lui donne son nom.
A la fin du XVIème siècle, de nombreux clavecinistes et organistes utilisent le Choral (Cabezon, Byrd, Frescobaldi, Sweelinck, Scheidt, Praetorius, Pachelbel, Buxtehude, Bach). Les 144 chorals d'orgue de Bach sont un modèle du genre.
Les thèmes de Choral, souvent simplifiés, sont utilisés de différentes manières: choral "figuré" (contrepoints fleuris autour du cantus firmus), Choral en Canon ou fugué (Fugato), Choral à Variations. Ces pièces servaient souvent de prélude aux Chorals, ou étaient destinées à accompagner le chant des fidèles. (chorals harmonisés à 4 parties).
Bach a porté le Choral à son apogée; ses successeurs seront: César Franck (Prélude, Choral et Fugue pour piano, 3 Chorals pour orgue), Brahms (11 Choralvorspiele op.122), Max Reger (83 Choralvorspiele op.67 et 135, Fantaisie sur des Chorals), et Honegger (Finale de la Symphonie pour Cordes).
Bach - BWV 147 - Jesus que ma joie demeure
CONCERTO: Pièce instrumentale de grande dimension qui oppose un ou plusieurs solistes à un orchestre. Ce terme apparaît à la fin du XVIème siècle, et désigne des pièces pour un ensemble de voix et d'instruments. Il sera utilisé souvent dans le sens littéral de "concert" (musique d'ensemble), jusqu'au XVIIIème siècle. Dans le "Concerto Grosso", un petit groupe d'instruments (le "Concertino") s'oppose à un groupe plus grand (le "Tutti"); Torelli (1709) et Corelli (1712) sont les créateurs de la forme du Concerto Grosso, utilisée par Bach, Vivaldi et Haëndel...Née en Italie, elle sera abandonnée pui réintroduite par Bartok, Stravinsky ou Martinù au XXème siècle.
Le Concerto de Solistes est différent, par son caractère spectaculaire, le soliste brillant par sa virtuosité comme par son lyrisme. Albinoni et Torelli en sont les initiateurs, mais c'est Mozart qui lui donne sa forme définitive: 1er mouvement : rapide(forme-sonate), 2ème mouvement: lent (forme Lied ou Thème et Variations), 3ème mouvement :rapide (forme Rondo, refrain et couplets). Dans le premier mouvement, on trouve une Cadence vers la fin du dernier Tutti, après un grand Accord de quarte et sixte sur la dominante.Elle est improvisée ou écrite, et rappelle des motifs du 1er mouvement.
Le Violon fut l'instrument soliste de prédilection jusqu'au dernier tiers du XVIIIème siècle, puis le piano prit sa place. Mais on trouve des Concertos pour tous les instruments ou presque.
2ème mouvement du concerto pour 2 violons et viole de gambe RV578 d'Antonio Vivaldi.
premier mouvement du concerto pour piano de Robert Schumann (XIXème siècle).
COURANTE: Danse ancienne devenue l'un des mouvements traditionnels de la Suite instrumentale.
Il existe 2 types de Courantes: La courante Française (à l'origine danse de rythme binaire, et de mouvement vif, comme la Courante Italienne. Elle était en vogue sous Louis XIV dans une forme lente à 3 temps avec des paroles. Dans une Suite instrumentale, c'est une pièce noble, généralement à 3/2, en valeurs inégales, mais parfois à 6/4, qui se place après l'Allemande. Elle est en deux parties avec reprises. La Courante Italienne, connue dans la musique instrumentale dès la fin du XVIIème siècle, c'est une déformation de la Courante française, dont elle se distingue par un rythme à 3/8 ou 3/4 et un mouvement rapide en croches ou doubles croches égales;
Courante de la Suite pour orchestre BWV 1066 de Jean-Sébastien Bach.











