DIATONIQUE: s'applique à un intervalle, une gamme ou un système musical, dont les sons constitutifs sont voisins et tous de noms différents, quelles que soient les altérations éventuelles.  La Gamme diatonique (Majeure ou mineure) est constituée d'intervalles diatoniques.

Gamme de sol Majeur: Sol - la - si -               do - ré - mi -               fa dièse - sol.

Gamme de sol mineur: sol - la - si bémol - do - ré - mi bémol - fa dièse - dol.

Le système diatonique s'oppose au système chromatique parce qu'il n'emploie que des intervalles diatoniques (notes de noms différents). Le système Tonal est essentiellement diatonique.

DOMINANTE: nom donné au 5ème degré de la gamme diatonique, ou quinte juste de la tonique (dans la gamme de Do, c'est le sol). Sa fonction est primordiale dans l'harmonie tonale.

ENHARMONIE: Rapport entre les sons différents qui sont rendus identiques par le tempérament (sur le piano, la touche noire entre do et ré, par exemple, est appelée  do dièse mais aussi ré bémol). L'équivoque résultant de l'enharmonie joue un rôle important dans l'art de la modulation.

FORLANE: C'est une danse à 6/4 ou 6/8, de tempo  modéré, originaire de la région d'Udine (près de Venise). Prisée par les gondoliers vénitiens au début du XVIIème siècle, elle était donnée dans les bals publics de la ville, avant de devenir une danse noble en France. Campra l'introduisit dans l'Opéra ("Europe galante", 1697). Elle sera fréquemment employée au XVIIIème siècle. On en trouve peu dans les Suites. Cependant dans son "Tombeau de Couperin", suite pour le Piano, Ravel en a inséré une.

Forlane (6e mouvement) d'une suite de Couperin par l'ensemble "Cappriccio Stravaganza" au salon Hercules du château de Versailles en 2005 (chef: Skip Sempé)

FORME: l'expression "forme musicale" désigne indistinctement les genres musicaux (formes concrètes) et les structures (formes abstraites) des pièces musicales.

La "forme abstraite", qui concerne la structure interne d'une oeuvre, est considérée comme un schéma intellectuel. par exemple, la "forme suite", la "forme lied", la "forme variation", la "forme sonate", le Canon, la Fugue, etc.

La "forme concrète" est la configuration globale de l'oeuvre achevée, l'expression de son identité. Elle permet d'identifier une Mélodie (ou un Lied), un Choral, un Oratorio, une Cantate, une Messe, un Opéra, une Suite, une Sonate, un Symphonie, une Ouverture, un Concerto, un Rondeau, une Ballade, un Motet, un Madrigal...

Pour éviter les malentendus on appelle les "formes concrètes" des "Genresmusicaux", réservant alors le nom de "formes musicales" aux structures ("formes abstraites).

Ainsi, le genre Sonate se distingue de la Forme-Sonate (qui peut être utilisée dans une Symphonie ,par exemple)..

Dans la diversité des formes musicales, apparaît un principe majeur: le souci d'unité. C'est de lui que découlent l'usage d'un Cantus Firmus ou d'une basse obstinée, l'imitation, les fonctions tonales, le principe cyclique, l'idée du Leitmotiv, de la "série" dodécaphonique, tous les procédés qui conditionnent la forme musicale.

Différentes structures: forme suite ou binaire (A A'), forme lied (ternaire à 1 thème A A' A), à 5 sections (A A' A A" A) ou à 2 thèmes (ABA, A A' B ou AA' B A'A), sonate bi-thématique primitive (A A' B B' AB), Forme Rondo (A B A C A, couplets et refrains). Enfin la forme-sonate (exposition de 2 thèmes à caractère différent, développement, réexposition).

FUGUE: Loin d'enchaîner le compositeur dans un carcan de règles strictes, la fugue laisse au musicien une grande liberté. Cependant sa pratique est difficile, car rien n'est plus difficile que d'organiser sa liberté.

La fugue est la plus riche des formes de composition fondées sur l'IMITATION; elle en exploite systématiquement les ressources, partant d'un thème principal appelé SUJET et d'un ou plusieurs thèmes "secondaires" (non essentiels) qui sont appelés CONTRE-SUJETS parce qu'ils sont présentés en CONTREPOINT avec le sujet. La fugue est dite double ou triple lorsqu'un ou deux contre-sujets se prêtent à un développement fugué avec le sujet, les trois thèmes prenant des importances équivalentes.

Jusqu'à la fin du XVIIème siècle, tant que la forme n'en fut pas nettement définie, on qualifia indistinctement de fugue le CANON et toutes les oeuvres ressortissant à des techniques analogues. Dans son principe, la véritable fugue classique est effectivement un agrandissement et un perfectionnement du canon "à la quinte" et du vieux RICERCARE, mais elle s'en distingue par deux caractères principaux:

-sa structure tonale - dans l'exposition de fugue, l'antécédent (sujet) et le conséquent (réponse) sont exposés alternativement dans la même tonalité, malgré l'intervalle de quinte ou de quarte qui les sépare: ce résultat ne peut être obtenu qu'en renonçant à l'imitation stricte. La réponse n'est pas la transposition rigoureuse du sujet; on y introduit de petits changements appelés "mutations", qui passeront inaperçus (ils pourront être justifiés par le postulat d'équivalence des quartes et des quintes, pour une oreille non prévenue). Ainsi, lorsque, dans le sujet un mouvement mélodique conduit de la dominante à la tonique, dans la réponse un mouvement d'aspect identique conduira de la tonique à la dominante, et inversement. Par exemple si le sujet commence par sol-do, la réponse commencera par do-sol.

-Tandis que le Canon est fait d'une seule pièce, par un travail contrapuntique unique qui se recommence indéfiniment, la fugue est un édifice complexe dont le développement (inconnu dans le Canon) est la partie principale.

Lorsque l'on fait des études d'Ecriture (harmonie, contrepoint, Fugue) au Conservatoire, on est amené à écrire des Fugato (sur un Choral) et Fugues. Mais il s'agit de la Fugue "d'école", les compositeurs ont pris des libertés par rapport à ce modèle.

En voici le plan: Exposition (sujet et réponse, alternativement, jusqu'à ce que toutes les voix soient entrées: soprano, alto, ténor et basse, dans une fugue à 4 voix. Chaque nouvelle entrée à partir de la seconde est accompagnée d'un contre-sujet (en contrepoint double avec le sujet). Divertissement (ou épisode): ce sont les transitions, généralement modulantes, qui se placent entre les expositions pour distraire l'auditeur et entretenir son attention. Leur matériel thématique est emprunté au sujet ou au contresujet). Contre-exposition: réponse, puis sujet (une fois), accompagnement du contre-sujet. Divertissement. Exposition au relatif (par exemple, si on était en Ré majeur, on entre en Si mineur, lui correspondant): sujet, puis réponse. Divertissement. Promenade parmi les tons voisins, conduisant finalement à une grande Pédale de dominante. Ici il fait intercaler la "strette". Strette: sorte de Da Capo (retour "au début") précipité où l'exposition initiale est reprise, sans contre-sujet, mais en rapprochant les entrées de telle sorte que sujet et réponse empiètent naturellement l'un sur l'autre. Une série de "strettes" et d'"épisodes en strettes" peut être l'occasion d'une utile démonstration de virtuosité contrapuntique, qui fasse appel à toutes les ressources de l'imitation: augmentation, diminution, mouvement contraire, etc...dont il s'agit d'épuiser toutes les combinaisons. Conclusion sur une pédale de Tonique considérée comme le complément de la pédale de dominante précédant la strette. On entend donc une dernière fois sujet, réponse et contre-sujet.

Une fois que l'on a réussi à écrire çà, il n'y a plus grand chose qui fait peur, hein? c'est beaucoup de travail, mais c'est aussi une aventure passionnante...parce que l'on choisit, surtout dans les divertissements, ce que l'on a envie d'entendre. Le top!

Voilà, si çà vous intéresse, ce site est une mine pour écouter toutes sortes de fugues extraites de "L'art de la Fugue" de J.S.Bach...moi, j'adore, alors partaaage!!!!


L'art de la fugue  (une intéressante petite vidéo pour expliquer les différents mouvements des voix dans une des fugues à 4 voix de cette oeuvre. Ecoutez et regardez!)