cl__de_sol_gif    BLUES,  GOSPEL, RYTHM & BLUES...

chant:  "Go down Moses" (gospel) album playbacks n°323 chant à 2 voix, dialogue soliste choeur sur le principe du chant responsorial. nous travaillerons les frappes de mains en contretemps en écoutant la chanson, puis le texte parlé avec frappes, puis les choeurs à 2 voix, la partie soliste, et enfin les 3 parties ensemble.

Les Noirs des états du Sud chantaient leurs chants spirituels lors des offices religieux. Ils chantaient aussi des danses de pluie devant l'église et prenaient une part active à la liturgie. Le principe de "Call and Response" (chant responsorial) se retrouve dans les récits bibliques et les lectures de l'Evangile (Gospel Songs).

La guerre de Sécession éclate le 14 Avril 1861. En Mai, les premiers esclaves évadés du Sud se réfugient au fort Monroe, tenu par le général nordiste Benjamin Butler. Quand on lui demande de rendre ces esclaves à leurs maîtres, il refuse en disant qu'ils sont une prise de "contrebande de guerre". C'est pourquoi on appellera les esclaves réfugiés les "contrabands". Tous les témoins du Nord sont séduits par la beauté et la ferveur de leurs chants, notamment les représentants envoyés par des associations anti-esclavagistes charitables ou religieuses. Le premier Spiritual complet est relevé dès septembre 1861, et publié en décembre, il s'agit de "Go down Moses", sous le nom de "let my people go: a song of the contrabands" avec cette précision: "il paraît que cet hymne a été chanté depuis au moins 15 ou 20 ans en Virginie et dans le Maryland...bien que clandestinement par crainte du fouet". Ce qui ferait remonter l'existence d'un Spiritual de forme achevée à 1841 ou 45. trafic_d_esclavesOn comprend pourquoi ce Spiritual fut chanté clandestinement. A travers une imagerie biblique tout à fait officielle (Dieu envoie Moïse en Egypte pour ordonner aux Pharaons de "laisser partir mon peuple" -"sinon je frapperai tous tes premiers-nés" - "Mon peuple ne travaillera plus dans la servitude, laisse-le partir avec le butin de l'Egypte"). Se dessinent une volonté de liberté, une espérance en la fin prochaine de l'esclavage et même un désir de vengeance qui auraient épouvanté les Sudistes déjà traumatisés par environ 130 révoltes d'esclaves entre 1526 et 1861, sont celles, très importantes, de Denmark Vesey (1822, caroline du Sud) et de Nat Turner (1831, Virginie).

chant 2:  "le casse-tête" (album "les petits loups du Jazz", Olivier Caillard, sur un thème de Charlie Parker, "Now's the time". apprentissage de la chanson, partie parlée, puis chantée, mais au lieu de reprendre les 2 couplets, ce sont les élèves qui inventent 2 couplets finaux, en respectant les rimes et le style de la chanson. Ensuite nous la chanterons sur le play-back.  écouter le début de la chanson  et le milieu

lapin_fl_teflûte: "Petit Blues" (album Zik 5e) une pièce à 4 voix à entrées successives, blues de 12 mesures à 4 temps. révision de la syncope, en s'aidant  du Gospel et du morceau de flûte. chacun devra être capable de changer de pupitre à tout moment, donc il faudra connaître chaque partie.

Le Blues: révision de la notation américaine (cf documents), découverte de la grille de 12 mesures du Blues, des degrés de la gamme (tonique, dominante, sous-dominante), de la gamme pentatonique Blues et des Blue notes. La composition d'un orchestre de Blues, la guitare soliste. jazz_band

3 écoutes : "Call it stormy monday" de T.Bone Walker, "Dimples" de John Lee Hooker, et "Blues at Midnight" de B.B.King. Il s'agit d'identifier la grille, de la chanter, de la jouer avec les Boomwackers, de comprendre l'accord de 7ème maintenant que l'on a vu les accords parfaits, d'identifier les instruments. Puis de compléter une grille, et de colorier les degrés de la gamme dans différentes couleurs pour mieux suivre la grille.


John Lee Hooker - Hobo Blues

Le mot "Blues" est issu d'une expression anglaise du XVIIIème siècle, "blue devils" (les diables bleus)dont il est une abréviation. Cela correspondrait en français à "idées noires". Ce genre de musique est né au XIXème siècle, les Noirs y exprimant leurs tribulations dans le monde hostile des Blancs. Dès l'apparition des esclaves sur le sol de l'amérique en 1619, les préoccupations de leurs propriétaires furent de les couper le plus possible de toute attache avec leur passé africain pour mieux les mater et les dépersonnaliser. Cependant, les maîtres de ces esclaves n'avaient pas de pouvoir sur la sensibilité musicale propre aux africains qui se manifestait surtout par le sens du rythme, le timbre de leur voix et la façon de traiter une mélodie entonnée soit en choeur, soit en solo. Les rites africains ancestraux étant interdits cédèrent la place à la religion chrétienne que leur enseignaient les missionnaires anglo-saxons, mettant ainsi les noirs en contact avec les hymnes, cantiques et psaumes importés par les missionnaires, mais ils ne les copièrent pas, ils les adaptèrent, les modelèrent en fonction de leur tempérament hérité de l'afrique. bb_king

Ainsi sont nés les negro spirituals au cours de leurs cérémonies religieuses qui, à leur tour, ont influencé les chants de travail collectif agricoles (cueillette du coton, du maïs, etc)...ce type de mélopées ("field-hollers") a donné naissance au Blues rural vers la fin du XIXe siècle, dans le Sud des Etats-Unis et surtout dans la basse vallée du Mississipi.

Il a fallu la guerre de Sécession pour que l'esclavage soit aboli, mais il a laissé des traces durables jusqu'à aujourd'hui. Même dans le Nord des Etats-Unis, réputé comme plus tolérant, les Noirs ont été victimes de nombreux préjugés raciaux et ont été cantonnés dans des emplois subalternes (cela se voit jusque dans les films avant les années 70, où les noirs sont cireurs de chaussures, femmes de ménage, portiers, etc...). Ces dures conditions de vie, faites de souffrance et de frustrations, ont imprimé à la musique afro-américaine une nostalgie correspondant à la fois comme à un regret du "paradis perdu", et à une aspiration vers une vie meilleure. Une grande partie du Jazz, issue de ce folklore du Sud porte encore la marque de cet état d'esprit.

Les textes du Blues reflètent la vie quotidienne des Noirs et leur mentalité forgée par des années de désillusion. Ces sentiments sont tempérés par une forte dose d'humour et d'auto-dérision, sans parler de l'importance prise par le rythme dont l'intensité et le balancement conduisent parfois vers un état de transe presque joyeuse.

Sur le plan instrumental, le Blues emploie abondamment la Guitare, l'Harmonica et le Piano, ainsi que des Percussions comme la Batterie et la Contrebasse. A l'origine, il y avait aussi des instruments rudimentaires comme la planche à laver (washboard), la bassine renversée sur laquelle était fixée une corde, la cruche dans laquelle on souffle, etc...

Vers 1945, le Blues adopte la Guitare Electrique, les Cuivres, ce qui donne naissance au "Rythm & Blues", plus dynamique et plus expressif que le Blues. En sortiront la "Soul", et le "rock'n'roll". 

"Puisqu'on nous a privés de la possibilité de parler notre langue quand on nous a amené ici, la musique a longtemps été notre seul langage".(Jacky Mac Lean)

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