PASSACAILLE: Danse d'origine espagnole à 3 temps. Le nom est dérivé de l'espagnol "pasar" et "calle", ces mots évoquent les musiciens ambulants qui, vers la fin du XVIe siècle, jouaient les "passacalle" dans les rues en Espagne (petites marches courtes avec répétitions variées). Au XVIIe siècle, la Passacaille fut, en France, une Danse de Cour apparaissant, comme la Chaconne, dans le finale des Opéras-Ballets.Dans la musique instrumentale, on ne la trouve pas dans les Suites, et on ne la danse plus. Ecrite pour Clavecin ou Orgue, le plus souvent à 3 temps elle est construite, comme la Chaconne, sur un thème court répété autant de fois qu'il fait pour servir de prétexte à une série de variations. Ces 2 formes sont presque identiques: cependant, dans la Passacaille, le thème peut passer à l'une des parties supérieures (écriture contrapuntique), tandis que dans la Chaconne le thème demeure en principe à la Basse ("basse obstinée"). Ce n'est cependant pas une règle strictement appliquée (notamment chez Haëndel). Les Italiens furent les premiers, dès le début du XVIIe siècle à composer des Passacailles instrumentales à variations, suivis bientôt par les espagnols, les français et les allemands, qui en élargirent la forme (le summum étant atteint dans la grande Passacaille en ut mineur de J.S.Bach).

exemples de passacaille écoutées en classe: "passacaille" du Ve acte de "Armide" de Lully.(incluse dans le cours de 4e sur la monarchie absolue)

PASSEPIED: Danse vive à 3/4 ou 3/8 (origine attribuée aux marins bretons). Elle aurait été dansée à Paris pour la 1ère fois en 1587. Sous le règne de Louis XIV, les compositeurs de ballets l'adoptèrent fréquemment comme divertissement ou "intermezzo" en marge de l'action. Dans la musique instrumentale, le Passepied, composé en général de 2 parties avec reprises, s'apparente au Menuet, la différence étant un mouvement plus vif et léger attaqué toujours sur le 3e temps. Comme la Bourrée, la Gavotte, et le Menuet, ce n'est pas un élément fondamental de la Suite classique, mais on le trouve parfois entre la Sarabande et la Gigue, alternant le plus souvent avec un second Passepied. Mais dans les oeuvres de Bach, le Passepied occupe aussi d'autres places.

Passepied I & II de la Suite pour orchestre BWV 1066 de J.S.Bach

PAVANE: Danse de cour cérémonieuse, à 2/4 ou 4/4, en vogue dans toute l'Europe à l'époque de la "Renaissance" et particulièrement en Italie (jusqu'au début du XVIIe siècle). Elle est probablement d'origine Italienne, son nom viendrait de la ville de Padova (Padoue). Les plus vieux exemples de pavane ont été trouvés dans un recueil de 1508 ("intabolatura di Lauto - Libro quarto") imprimé par Petrrucci qui contient des "Padoane diverse" pour luth, les unes "ala venetiana" et les autres "ala ferrarese". Thoinot Arbeau cite dans son "Orchésographie" (1587) un bel exemple de pavane chantée: "Belle qui tiens ma vie".

Comme les Pavanes dansées qui ouvraient les bals, les anciennes Pavanes instrumentales italiennes qui étaient placées au commencement des Suites (comme plus tard les Allemandes) étaient généralement suivies d'une danse vive appelée "saltarello", remplacée vers le milieu du siècle par le "cinque-pas" ou Gaillarde (cf lexique G). Vers 1600 ces danses tombèrent en désuétude, mais leur forme instrumentale survécut jusquà la fin du XVIIe siècle, conservant le plus souvent l'association Pavane-Gaillarde. Les plus grands maîtres dans le genre furent alors les Anglais :Byrd, Dowland, Gibbons (pavanes pour les violes) et Bull. Au XVIIIe siècle, elle disparut. Elle n'est réapparue que dans l'oeuvre de Ravel ("Pavane pour une infante défunte").

  Pavane pour une infante défunte (Ravel), orchestre

PIZZICATO: Mot italien signifiant "pincé" qui appartient à la technique des instruments à archet. Il s'agit de pincer les cordes avec les doigts. Les "pizzicati" se font avec la main droite, mais certains virtuoses le font aussi avec la main gauche, en pinçant la corde sur la touche. On peut ainsi, soit accompagner en "pizz" une mélodie jouée à l'archet, soit alterner dans un trait rapide des notes "arco" et "pizzicati": les doigts disponibles de la main gauche se placent normalement sur la touche. Paganini fut le plus illustre adepte de cette technique. (à l'orchestre l'utilisation de ce mode de jeu date de 1700 environ). 


Violon - Szeryng - Fritz Kreisler  scherzo-caprice op 6. Dans cette pièce, au début le violoniste fait un pizzicato avec la main gauche, à la fin avec la main droite. Bien d'autres modes de jeu sont employés (harmoniques, glissando, ricochet...)

PLAIN-CHANT: Ensemble des mélodies liturgiques en langue latine de l'église Catholique telles qu'elles sont chantées depuis le haut Moyen Age. Pourquoi le nom de plain-chant? il y a plusieurs interprétations: au Xe siècle, "planus" indiquait un chant dans le registre grave, au XIIIe siècle la "musica plana" de rythme libre s'opposait à la "musica mensurata" dont la durée relative des notes était fixée et, à partir du XVIIIe siècle, on appelle plain-chant  toute musique d'église monodique inspirée du "chant grégorien" et notée de façon similaire.

Le plain-chant comprend notamment: le "chant ambrosien" (liturgie milanaise, d'origine orientale importée par Saint Ambroise, mais fortement imprégnée de liturgie romaine). Le "chant gallican" (liturgie des Gaules, imprégnée de mozarabe, qui tend à se confondre à la liturgie romaine, sauf au XVIIe siècle, période de réaction contre Rome). le "chant mozarabe" (liturgie de l'Espagne Wisigothique, de caractère plus exubérant: abolie par le pape Urbain II au XIe siècle, elle ne subsiste que dans le doicèse de Tolède). enfin et surtout le "chant grégorien" (liturgie romaine). Les chants propres aux églises libanaise et syrienne et à l'église grecque, de rite catholique, n'entrent pas dans la catégorie du plain-chant, d'une part parce qu'ils n'utilisent pas le latin, d'autre part parce qu'ils sont fortement influencés par l'art arabe et byzantin.

Le chant grégorien n'est pas dû, comme on le croit souvent, à saint Grégoire qui a seulement eu le mérite de sauvegarder l'unité du chant en établissant un graduel type: l'usage en était imposé à tous les diocèses et l'enseignement des missionnaires spécialisés facilitait sa diffusion. Le répertoire a été entièrement "révisé" au XVIIIe siècle. C'est ce nouveau "chant grégorien" que Charlemagne impose en croyant défendre le vieux territoire romain de saint Grégoire. Les modifications suivantes seront en rapport avec les progrès de la Notation.

genres principaux du plain-chant: Les Antiennes sont des refrains assez simples alternant le plus souvent avec des versets. Ces pièces empruntent souvent leurs textes aux psaumes. Les répons sont des sortes d'interludes en 3 parties (refrain, versets, refrain) généralement très ornés. A cette catégorie se rattachent les traits, graduels et alleluias, aux longues vocalises. Les Proses et Séquences sont nées au IXe siècle de l'usage des "tropes". Les tropes étaient des textes mnémotechniques adaptés, à raison d'une syllabe par note, aux longues vocalises jubilatoires des graduels et des alleluias, et chantés à la place de celles-ci. (ils furent supprimés par le concile de Trente). Les Hymnes forment un répertoire hétérogène de pièces versifiées (Pange Lingua, Te Deum, Ave Maria Stella...) . En passant, latinisé, dans l'Eglise Chrétienne par l'initiative de saint Ambroise, ce mot grec se traduit louange. l'hymne grec du IIIe siècle retrouvé à Oxyrhynchus (Egypte) est le plus ancien texte musical chrétien.

Les spécialistes situent aux XVIIIe et IXe siècles la grande époque du "chant grégorien", mais les documents notés sont postérieurs. Le meilleur de notre répertoire actuel date du Xe et XIIIe siècles. 

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