cl__de_sol_gif nous continuons l'exploration de l'influence des musiques "d'ailleurs" sur la musique occidentale.

l'orientalisme en musique ne date pas d'hier. Je vais traiter prochainement ce sujet dans le blog musiquethomasmann2: les dossiers.

Cette fois nous allons aborder la musique chinoise traditionnelle sous son aspect vocal (une chanson traditionnelle, et l'opéra chinois), ce qui nous amènera à étudier un opéra typique de ce mouvement, "Turandot" de Puccini. Il y aura beaucoup de documents à consulter dans la catégorie "mes documents".

chant: "molihua" (ou Moo-Lee-Wha") traduite "la fleur de jasmin". cette petite chanson construite sur le mode  pentatonique  do-ré-mi-sol-la sera chantée en chinois. Elle a été utilisée (avec d'autres mélodies traditionnelles) par Puccini dans son opéra, à plusieurs reprises et il est intéressant de comparer les différentes déclinaisons de cet air dans son oeuvre. molihua_chine_

voici la vidéo d'un choeur autrichien de garçons (brucknerchor)chantant cette mélodie lors d'un concert en Corée en 2002

chant 2: "mémère dans les orties" de Juliette avec François Morel (une chanson marrante, qui rappelle une certaine chanson de Higelin et Brigitte fontaine). un couple se traite de tous les noms d'oiseaux et se fait les pires menaces juste avant son mariage, sur un ton doucereux et acide, un régal! il va y avoir pas mal de mots à expliquer.

juliette

flûte: "De Shangaï à Hanoï" (album "tour du monde") un morceau à 4/4 de forme ABA, la 1ère partie est construite sur le mode pentatonique (5 sons) de Mi, la 2nde fait un écart avec l'ajout d'un si bémol (ce qui la fait ressembler à un raga indien). à part le Mi aigu que les élèves auront oublié, les altérations fa dièse et si bémol ne posent plus trop de problèmes. Ils ont progressé quand même, il fallait tenir pour "swing street". Donc nous allons jouer çà, et essayer de composer sur le mode pentatonique une mélodie (faut que j'achète des cymbales et des wood-bloks, moi). J'ai commandé 3 carillons, j'espère qu'ils seront là avant la rentrée. nous l'harmoniserons avec les claves aussi.

dolls_chine

écoutes: "la princesse cent-fleurs" (Baihua gongzhu). A l'inverse de l'opéra occidental axé principalement sur le chant, l'opéra de Pékin réunit littérature, histoire, pantomime, chant, musique, théâtre, acrobatie, et arts martiaux. Il inclut aussi la danse dont chaque geste ou mouvement sert à raconter l'histoire. C'est une forme unique de narration dramatique qui associe orchestre, musique, mouvement et dialogue au récit de touchantes histoires tirées des légendes folkloriques ou de la littérature chinoise. En Chine on ne distingue pas de registres vocaux comme en Occident. Le chanteur doit couvrir toutes les tessitures (parfois jusqu'à 5 octaves). On distingue la voix de Fausset (jeunes hommes et femmes, vieillards). La voix naturelle (rôles comiques, personnages féminins), la voix cassée (gardes) et la voix grave, gutturale (visages peints). Dans l'opéra de Pékin, pas de mise en scène ni de décors. L'orchestre se compose d'une dizaine de musiciens, les percussions étant les plus nombreuses (cymbales, tambours, gongs). L'élément rythmique est essentiel. L'intrigue est connue d'avance par les spectateurs. On emploie en outre les visages peints (dans le King Xi). Ils montrent le caractère, la qualité et la destinée des personnages. rouge: symbole de la fidélité et la bravoure. noir: symbole de la vigueur et de l'intelligence. bleu et vert: symbole des héros du maquis. jaune et blanc: symbole de la méchanceté et de la perfidie. or et argent: symbole du mystère, les dieux et les monstres. en voici un aperçu:

masques

Les rôles de l'opéra se divisent en 4 genres: sheng (rôles masculins), dan (rôles féminins), jing (visage peint), chous (bouffons). En voici quelques-uns:

personnages

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l'histoire de la princesse cent-fleurs est tirée d'une fable traditionnelle. Un lettré de l'époque Ming, anonyme, en fit un livret d'opéra. Durant la dynastie mongole, le royaume d'Anxi se situait près de l'actuelle Tongzhou, dans le Shaanxi. Ses frontières ont été plusieurs fois éprouvées par des incursions de bandes de brigands, menaçant la paix à la cour et dans les campagnes. Le roi d'Anxi a une fille, Cent-Fleurs (Baihua), brave et habile guerrière, mais le commandant Ba Yan, qui complote depuis longtemps pour la marier à son neveu Ba La, s'est allié secrètement aux brigands et les combat sans énergie. La cour envoie l'ambassadeur Jiang Luyun en inspection. Déguisé en civil, Jiang sauve sur la route le roi, qui allait se jeter dans la gueule du loup. Ba Yan organise un banquet pour sâouler Jiang. Alors commence la pièce.

Extrait écouté: "disparition d'une fleur". C'est la scène 4 de l'opéra, dans laquelle Jiang Luyun tente de porter secours à la princesse. Celle-ci a été blessée dans son combat avec Ba Yan et Ba La. Survient Jiang Luyun, qui est tué, ainsi que Ba La. La princesse se suicide...avec l'épée qu'elle avait donnée en gage. Le fracas des armes est symbolisé par les cymbales jouées assez régulièrement avec des accents, les claves et l'on entend la voix de la princesse, voix aiguë qui parle, et altercations. le tambour au son grave émet des sons rebondissants. La princesse pousse un cri long et aigu, presque un chant prolongé par le hautbois (mélodie). les cymbales terminent brutalement.

cette jeune actrice se nomme Li Ping, en Chine elle a été nommée actrice de "première catégorie"

prijcesse

un aperçu d'une scène de combat avec acrobaties

Les Documents associés au cours sont ici.